Souvenirs de tramway à St-Maur… « La première vraie liberté du gamin que j’étais, ça a été le vélo. Et le désir de découverte qu’il engendrait. Un thème sur lequel je reviendrai un de ces jours.
À l’occasion de mon entrée en 6ème au Collège d’Arsonval, j’eus droit à un vélo très bien équipé : dérailleur pour actionner les 3 vitesses, cale-pieds et guidon de course. Impeccable. Ma mère qui fut – jusqu’à un âge très vénérable – une cycliste convaincue m’avait mis en garde.
Du côté du Carrefour des Deux Lions, le boulevard de Créteil révèle encore ses vieux pavés, incrustés en plein croisement de tronçons de rail de l’ancienne ligne de tramway.
Y compris une bifurcation à aiguillage où l’on risque à vélo de s’emprisonner comme dans une nasse. Un vrai piège à cyclistes. Pour me rendre à d’Arsonval, j’étais obligé de passer par Les Deux Lions. Franchir ce carrefour toujours très chargé de voitures demandait une vigilance accrue. Le risque de coincer une roue dans l’entaille des rails était bien réel.
Et ça m’est arrivé au moins une fois. Le vélo immobilisé là-dedans, il fallait, au beau milieu du croisement, mettre pied à terre et dégager à tours de bras le pneu et la jante pris au piège. Comme un lièvre qui se débat dans son collet. Et pendant ce temps-là les autos passaient et me frôlaient à vive allure. Quelques conducteurs nerveux (moins que moi) klaxonnaient au passage… Je racontais l’histoire une fois de retour à la maison. Mon père toujours fort savant – il possédait un certificat d’études millésimé 1912, ce qui n’était pas de la gnognote – expliqua que, malgré les machines modernes, ces rails de l’ancien tramway résistaient à toutes les tentatives d’extraction.
Et de fait, quelques années plus tard, on finit par ensevelir ces pavés et ces rails sous un macadam lisse et agréable à la circulation des vélos. Ils y sont encore. Ma mère, qui était native de Saint-Maur, avenue Gabrielle, se souvenait des tramways et de leur remplacement, fin des années 20, début des années 30, par de modernes autobus à moteur à explosion de la TCRP. Le tramway du boulevard de Créteil allait en direction de Joinville et de Paris. » Vous voyez, les bicyclettes ont toujours eu des problèmes d’abord avec les tramways (que l’ont ferait bien de réimplanter en banlieue) puis avec les voitures. Non vraiment il fallait rester au cheval. Chacun aurait pu en garder un dans son jardin avec éventuellement une petite calèche ou un sulky pour les plus jeunes.
Quant au bruit, on l’aurait assourdi comme jadis en étalant de la paille sur les rues des beaux quartiers. Et puis l’odeur du crottin… quelle merveille!!!! Rappelez vous les plus anciens quand il y avait encore dans les années cinquantes , des écuries partout pour aller qui au plateau de Gravelle , qui au Tremblay qui à Paris et en province. Et les relais de Postes quelle merveille!!!! Mais pourquoi le vélo? Quelle mécanique horrible, à bas le vélo, l’EPO et l’huile pour chaîne et dérailleur et vive le cheval et le picotin d’avoine!!!!
par lalonguevue